François Vetter, CDAFAL 70

Le quinquennat d’E. Macron s’achève actuellement. En prenant un peu de hauteur sur l’actualité, que souhaiteriez-vous exprimer sur son bilan en matière de vie associative ? De manière générale, a-t-on plutôt assisté à des avancés ? Des reculs ? Que peut-on retenir, selon vous, globalement, de ces 60 derniers mois ? : Notre association familiale laïque est (entre autres) investie dans la défense des consommateurs, la prise en compte des risques électromagnétiques, la défense de l'environnement. Voici des observations concernant ces 2 domaines.
Très clairement le quinquennat Macron a été celui du libéralisme décomplexé dans lequel
- les associations de défense des consommateurs ont été les parents pauvres. Pas de ministère ni même de secrétariat d'Etat à la conso, diminution constante, année après année des crédits d'ETAT transitant par la DGCCRF sans lesquels les associations de consommateurs ne peuvent pas fonctionner, réduction du personnel affecté à la répression des fraudes ...
- le concept de sobriété électromagnétique a été moqué (les Amish) pour ne pas dire conspué, les impacts sanitaires délibérément niés, ce qui nous conduira à moyen terme à un nouveau scandale sanitaire que l'on aurait pu éviter si le dialogue avait pu être possible avec les associations.
- au niveau environnement, beaucoup de discours et de coup de menton, mais les actes n'ont pas suivi (objectifs climatiques, réduction des pesticides, ...)
D'avancées, je n'en vois pas dans les domaines qui nous concernent. En matière de défense des consommateurs, je parlerai de recul net: L'Etat ne se donne plus les moyens de faire appliquer sa règlementation et asphyxie financièrement l'INC et les associations de défense des consommateurs.
Je retiens de ce quinquennat la volonté de faire tourner l'économie ... sans se soucier des derniers de cordée.
Dans votre domaine d’activité, quelles vous semblent être les évolutions les plus marquantes à relever ? Le paysage a-t-il changé ? Par rapport à 2017, quelle est la situation dans votre secteur ? : J'ai en partie répondu à cette question plus haut.
Pour être juste, il y a eu des avancées sociétales dans le domaine du droit familial dont nous prenons acte.
Nous entrons donc dans un moment charnière entre deux quinquennats. Dans cette campagne électorale qui commence avez-vous déjà entendu des idées, des pistes d’action, des propositions qui ont particulièrement retenues votre attention ?… Et si non, pensez-vous à des idées, des pistes d’actions ou des propositions que vous aimeriez entendre ces prochaines semaines et ces prochains mois ? : Ce que je souhaite pour le prochain quinquennat:

- réelle prise en compte de l'urgence d'actions réelles et à la hauteur des enjeux pour stabiliser le climat
- remise en selle des organismes chargés de la protection des consommateurs par des moyens appropriés (secrétariat d'Etat, budget suffisant pour les services de l'Etat et les associations de terrain)
- ouverture d'un débat public sur le numérique: "de quoi avons-nous besoin? à quel prix financier, énergétique, sanitaire, environnemental
- réouverture du débat sur la fin de vie et le droit au suicide assisté
- mise en chantier d'une ressource universelle pour que tout le monde puisse disposer du minimum vital
- réduction des inégalités sociales entre autres par une fiscalité redistributive
- prise en compte du problème migratoire en agissant à la source: aider réellement les populations à vivre chez elles
Nous sommes le 1er mai 2022. Et, c’est une immense surprise mais vous venez d’être nommé Ministre chargé de la vie associative par le candidat issu de la primaire populaire qui vient d’être élu (contre toute attente) à la présidence de la République. Quelles sont les premières mesures sur lesquelles vous décidez alors de travailler ? : Pour une surprise, c'en est une !
Mais puisque j'y suis, je convoque immédiatement des états généraux associatifs, par grands "collèges" (humanitaire, famille, environnement, social, sport, culture, ... ?) au niveau départemental.
A charge pour les participants d'établir un cahier de doléances collectif et de désigner un représentant pour le séminaire national qui suivra et qui devra déboucher sur des propositions concrètes en réponse aux attentes, propositions qui seront soumises au Parlement. Un comité de suivi élu lors du séminaire sera en charge de veiller à l'application des décisions qui seront votées.
Autre chose à ajouter ? : J'aurais encore beaucoup de choses à dire, mais si des avancées se faisaient dans les directions que j'ai pointées, ce serait déjà pas mal.
Souhaitez-vous l'anonymat lors de la restitution des résultats de l'enquête ? : NON