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{"bf_titre":"Com\u00e9dienne et codirectrice artistique de la Compagnie L'Arbre","bf_question1":"*la fin des emplois aid\u00e9s et leur non-renouvellement a mis en danger des associations, y compris celles qui jouaient le jeu, sur des territoires ruraux non attractifs, de former des personnes embauch\u00e9es en CDI en \u00e9change de l'aide de l'Etat sur deux fois un an. M\u00eame si d'autres emplois aid\u00e9s sont arriv\u00e9s, cela a eu un impact \u00e0 long terme car d\u00e9crypter des dispositifs qui changent tout le temps est un travail \u00e0 part enti\u00e8re, et il n'y avait plus de confiance dans l'Etat, puisque des contrats qui devaient \u00eatre renouvel\u00e9s n'avaient pas pu l'\u00eatre.\r\n\r\n*la mise en place du FDVA a constitu\u00e9 une avanc\u00e9e car le r\u00f4le social des associations de proximit\u00e9 faiblement employeuses s'est vu reconna\u00eetre par une aide au fonctionnement, ce qui est assez unique, pas \u00e0 la hauteur certes des aides supprim\u00e9es. \r\n\r\n* sur les libert\u00e9s, la loi S\u00e9curit\u00e9 globale laisse planer la menace d'un contr\u00f4le accru et d'une marginalisation des associations militantes comme c'est d\u00e9j\u00e0 le cas dans certaines collectivit\u00e9s. M\u00eame si la pression n'est \"que\" financi\u00e8re, cela participe d'un \u00e9tat d'esprit g\u00e9n\u00e9ral qui fait que des \u00e9lus locaux ont pu nous dire en face, ou \u00e9crire par sms, que nos spectacles n'\u00e9taient pas les bienvenus dans les salles de leur collectivit\u00e9s car trop engag\u00e9s. Donc le bilan est un r\u00e9tr\u00e9cissement de l'espace public pour les associations, avec une libert\u00e9 d'expression th\u00e9orique, mais pas de lieu pour l'exercer. M\u00eame les panneaux des communes voisines nous sont interdits, au pr\u00e9texte fallacieux qu'ils seraient r\u00e9serv\u00e9s aux associations de la commune. \r\n\r\n* la prise en compte de l'\u00e9galit\u00e9 h\/f en conditionnant le versement de subventions \u00e0 la formation d'un r\u00e9f\u00e9rent n'est pas une mesure satisfaisante car pour des petites associations c'est encore une contrainte qui va reposer sur des b\u00e9n\u00e9voles d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9s. Par exemple sur les femmes qui les tiennent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 bout de bras. \r\n\r\nGlobalement, on assiste \u00e0 deux \u00e9volutions contradictoires : un certain r\u00e9tr\u00e9cissement de l'espace pour les associations d'int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral d'une part, un affinement de la connaissance du terrain d'autre part avec un d\u00e9but de reconnaissance de leurs capacit\u00e9s sp\u00e9cifiques. Entre les deux, la croissance d'un corps d'experts et consultants, tout un secteur dans le secteur associatif, charg\u00e9 d'analyser et accompagner les acteurs du terrain, et parfois mieux financ\u00e9 qu'eux. \r\n","bf_question2":"* de plus en plus de d\u00e9marches qui \u00e9taient le fait des administrations sont d\u00e9volues maintenant aux associations (param\u00e9trage du compte AT\/MP, logiciel de billetterie...). Par cons\u00e9quent, m\u00eame quand on fait tout bien, on ne s'en sort pas (burn-tout, \u00e9puisement). On assiste \u00e0 une professionnalisation \u00e0 marche forc\u00e9e d'un secteur non lucratif o\u00f9 les b\u00e9n\u00e9voles sont exclus\/ou surexploit\u00e9s alors m\u00eame que les conditions pour appliquer le droit du travail et de justes r\u00e9mun\u00e9rations ne sont pas r\u00e9unies (turn-over important dans l'administration du spectacle). Le risque est de fragiliser l'initiative artistique en laissant cro\u00eetre des regroupements \u00e9conomiques faire le boulot (bo\u00eetes de production pour le spectacle) et donc \u00eatre d\u00e9cisionnaires sans \u00eatre \u00e0 l'origine du projet. A travers ces dispositifs d'accompagnement et autres injonctions de formation on formate l'offre associative (logique de diffusion et d'\"action culturelle d\u00e9centralis\u00e9e\"), et on d\u00e9courage ses acteurs qui \u00e9taient pourtant en capacit\u00e9 de cr\u00e9er de la demande en \u00e9tant au plus pr\u00e8s de leur public (logique de l'infusion et des droits culturels). C'est particuli\u00e8rement vrai pour les artistes dont beaucoup se reconvertissent (souvent en cr\u00e9ant leur activit\u00e9 dans des conditions encore plus pr\u00e9caires comme c'est le cas pour certains m\u00e9tiers du soin) parce qu'ils ne sont pas en capacit\u00e9 d'assumer les contraintes administratives, juridiques et financi\u00e8res, d'une complexit\u00e9 croissante, de leur activit\u00e9 artistique.\r\n\r\n* la logique d'appel \u00e0 projets va dans le m\u00eame sens ; c'est une logique d'exclusion. Il y a 20 ans on a propos\u00e9 une offre artistique sur un territoire qui en \u00e9tait d\u00e9pourvu. Maintenant non seulement on subit une politique culturelle locale qui nous ignore d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment et propose des tarifs artificiellement bas sans nous inclure, mais on re\u00e7oit des appels \u00e0 projet d'autres collectivit\u00e9s pour agir sur des territoires que nous ne connaissons pas. Souvent, c'est du temps perdu d'y r\u00e9pondre car les structures \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 choisies de fa\u00e7on tacite. Et pour les subventionnements, cette logique aboutit \u00e0 travailler gratuitement ou \u00e0 perte dans le cas o\u00f9 la candidature n'est pas retenue. Cette \u00e9volution est ancienne, mais elle s'est intensifi\u00e9e depuis 2017 avec la valorisation de l'entreprenariat culturel. \r\n\r\n* le passe culture est une catastrophe pour les \u00e9quipes artistiques car l'enveloppe concerne d'une part les chef.fe.s d'\u00e9tablissement pour l'\u00e9ducation artistique et culturelle mais dans une logique commerciale de catalogue d'actions, contrairement au r\u00e9pertoire d'artistes et de compagnies qui existait jusqu'\u00e0 pr\u00e9sent et permettait des propositions ajust\u00e9es au territoire et aux sp\u00e9cificit\u00e9s de l'\u00e9quipe et des \u00e9l\u00e8ves. D'autre part l'enveloppe allou\u00e9e individuellement \u00e0 chaque jeune est fl\u00e9ch\u00e9e presque exclusivement sur le num\u00e9rique et les industries culturelles. C'est comme si on subventionnait les hypermarch\u00e9s au d\u00e9triment des magasins de proximit\u00e9 et l'agriculture intensive au d\u00e9triment de l'agriculture bio locale \u00e9quitable. ","bf_question3":"- les propositions du Synavi (Syndicat national des arts vivants) pour \"changer de paradigme\" ont commenc\u00e9 \u00e0 infuser aupr\u00e8s des interlocuteurs des institutions, qui commencent \u00e0 accorder de la consid\u00e9ration \u00e0 des projets artistiques centr\u00e9s sur la relation avec le public plut\u00f4t que sur la cr\u00e9ation d\u00e9connect\u00e9e du public. Il y a toujours une culture \u00e0 deux vitesses avec des projets sur-financ\u00e9s et des projets sous-financ\u00e9s. Le mouvement d'occupation des th\u00e9\u00e2tres a vu proposer des initiatives pour remettre de la solidarit\u00e9 dans un secteur tr\u00e8s concurrentiel, par exemple avec les initiatives comme les \"paniers culturels\" en pays de la Loire, reprises en Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes. \r\n\r\n- J'ai d\u00e9fendu pendant le confinement une \"pr\u00e9somption d'utilit\u00e9 publique\" pour toutes les \u00e9quipes artistiques capables de rendre compte de leur action artistique sur des indicateurs objectifs sans passer par \"l'expertise\" d'op\u00e9rateurs culturels qui ne sont pas l\u00e9gitimes pour attribuer un label d'\"excellence\" trop souvent utilis\u00e9 pour exclure. \r\n\r\n","bf_question4":"Par le candidat issu de la primaire populaire ? Populaire \u00e7a veut dire qu'on a le droit de dire n'importe quoi et \u00e7a passe ? Que ce n'est pas la peine de bosser sur un programme? \r\nBon disons que la candidature que j'ai soutenue, et pour laquelle j'ai particip\u00e9 en octobre \u00e0 un rassemblement en tant que tir\u00e9e au sort alors que je n'aurais jamais particip\u00e9 si je n'avais pas \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e au sort ainsi que les autres m\u00e8res de famille d\u00e9bord\u00e9es que j'y ai crois\u00e9es, cela me permettant de croiser aussi les auteurs et autrices du programme notamment un grand nombre de personnes en situation de handicap, ainsi que tout un collectif de personnalit\u00e9s d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es dans la vie publique et pr\u00eates \u00e0 assumer un r\u00f4le de gouvernement - disons que cette candidature remporte l'\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. \r\n\r\nEt contre toute attente on me propose d'\u00eatre ministre charg\u00e9e de la vie associative. \r\nJe liste quelques mesures que j'avais d'abord inscrites plus haut : \r\n- une maison des associations ou local associatif dans chaque commune ouverte de fa\u00e7on encadr\u00e9e mais inconditionnelle aux associations d'int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\r\n- des aides au fonctionnement pluriannuelles pour donner de la visibilit\u00e9 aux associations qui peuvent t\u00e9moigner d'une utilit\u00e9 sociale\r\n- revoir l'\u00e9ch\u00e9ance des aides pour qu'elles ne mettent pas en difficult\u00e9 les associations (par exemple d\u00e9but f\u00e9vrier pour le FDVA, c'est trop t\u00f4t pour des assos dont l'exercice finit au 31 ao\u00fbt, parce qu'elle n'ont pas forc\u00e9ment encore clos leurs comptes). Peut-\u00eatre que la possibilit\u00e9 de d\u00e9poser des demandes toute l'ann\u00e9e avec des commissions plusieurs fois par an permettrait de fluidifier le fonctionnement des dispositifs existants et de s'adapter. \r\n- transports en commun \u00e0 la campagne pour faciliter la mobilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9voles, salari\u00e9s et usagers des associations","bf_question5":"Pour le moment non. ","radioListeListeouinon":"NON","bf_mail":"","id_typeannonce":"6","id_fiche":"ComedienneEtCodirectriceArtistiqueDeLaCom","createur":"Anonyme","date_creation_fiche":"2022-02-05 18:24:54","statut_fiche":"1","date_maj_fiche":"2022-02-05 18:24:54"}